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GIP PÔLE BOURGOGNE VIGNE ET VIN

BIOVINE


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                                                                                                                                    CoreOrganic

 

Spécialiste de la mycorhization, Daniel Wipf, Professeur à l’Université de Bourgogne, mène ses travaux au sein de l’UMR Agroécologie, dans le pôle Interactions Plantes-Microorganismes. L’équipe de Daniel Wipf s’intéresse à la fois au décryptage des mécanismes sous-jacents aux échanges de nutriments lors de la mycorhize à arbuscules, et à la valorisation des services écosystémiques rendus par la mycorhize dans des parcelles cultivées et notamment au vignoble.

 

Comment est né le projet BIOVINE ?

Le Professeur Rossi de l’Université (UCSC) de Piacenza (Italie) a réuni les membres du consortium sur la base de nos expertises complémentaires autour de la vigne. Le consortium a répondu conjointement à l’appel à projets CORE Organic COFUND de l’Union Européenne. Ce consortium comprend : l’UCSC de Piacenza (Italie), l’Agroscope (Suisse), le KIS (Slovénie), l’Université de Valencia (Espagne), le SCV (Roumanie) et l’UMR Agroécologie (Université de Bourgogne, INRA, Agrosup Dijon). Le projet a démarré le 1er mars 2018 pour une durée de 36 mois.

 

Quels sont les objectifs de BIOVINE et quel va être le rôle spécifique de l’UMR Agroécologie dans ce cadre ?

BIOVINE vise à augmenter certains services écosystémiques que les vignobles pourraient rendre en développant de nouveaux systèmes viticoles. Les objectifs sont d'augmenter la diversité végétale au sein et autour des vignobles (ex. cultures de couverture, haies) en plantant des espèces végétales sélectionnées pour lutter contre les pathogènes telluriques et foliaires, et réduire la dépendance aux pesticides. En effet, la capacité des plantes à accroître la résistance de l'écosystème aux ravageurs et aux espèces envahissantes est un service écosystémique bien connu. Cependant, les vignobles n'exploitent pas le potentiel de la diversité végétale. Chaque partenaire met son savoir-faire et son expertise au service de la conception de couverts favorables à la mycorhization, mais aussi utiles à la lutte contre des ravageurs (nématodes, virus, etc.) Par la suite, de nouveaux systèmes viticoles végétaux seront conçus, suivant un cycle de conception-évaluation-ajustement, et testés en France, en Italie, en Roumanie, en Espagne et en Suisse. Ces systèmes viticoles innovants devraient améliorer la lutte contre les ravageurs, tout en affectant positivement la biodiversité fonctionnelle et les services écosystémiques. Les services rendus par ces systèmes innovants et leur niveau de qualité offriront des itinéraires technico-économiques plus favorables aux viticulteurs (ex. réduction de leur dépendance aux pesticides).

 

Mieux comprendre et maîtriser les mécanismes associés aux mycorhizes de la vigne est assurément un enjeu d'avenir pour la filière viticole. Quelle est votre vision de ces enjeux, notamment en Bourgogne et pouvez-vous nous parler de vos autres projets, en cours et à venir ?

Nous avons initié une méthode moléculaire d’analyse des mycorhizes à arbuscules présentes dans les racines de la vigne (donc en interaction avec celle-ci) dans le cadre d’un projet court (6 mois) financé par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne. Il s’agissait de développer une méthode non destructive utilisable au vignoble pour étudier les champignons présents non pas dans le sol mais en interaction directe avec la vigne. Nous travaillons actuellement dans le cadre d’un projet de 36 mois financé par le Comité Interprofessionnel du Vin de Bordeaux sur la mycorhization dans le vignoble bordelais. Ici nous étudions l’impact des itinéraires de production de plants sur la mise en place de la mycorhization, mais également l’impact d’itinéraires de cultures sur la mycorhization au vignoble. Un grand défi pour les années à venir est le développement de marqueurs du fonctionnement de la mycorhize au vignoble afin de s’assurer que non seulement elle est présente (démontré par les outils actuels) mais surtout qu’elle bénéficie à la vigne et sa production. Nous avons déposé un projet en réponse à l’appel d’offres du Plan National Dépérissement du Vignoble (en collaboration notamment avec l’équipe Résistance induite du Pôle IPM de l’UMR Agroécologie) qui comprend entre autres le développement d’un tel outil. Ce projet porte principalement sur un axe essentiel qui est la considération non seulement des champignons mycorhiziens mais de l’ensemble du microbiome en interaction avec la vigne (des racines aux feuilles).

 

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  • CHAIF - Caractérisation de la HAIe Foliaire

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  • Numérisation, traitement documentaire et mise en ligne des bulletins de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV)

     
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  • France-Berkeley Fund 2016

     France-Berkeley-Fund

     

    Comment les découvertes scientifiques au cours du 20e siècle peuvent avoir impacté la façon de faire du vin et les procédés œnologiques ? Telle était la question posée par Régis Gougeon et Olivier Jacquet, enseignant-chercheur et ingénieur de recherche à l’Université de Bourgogne, pour candidater à l’appel du Fonds France-Berkeley en 2016. Lauréats, ils se sont rendus en Californie au printemps 2017 pour rencontrer leurs homologues américains. Ils reviennent en 3 questions sur ce projet.

    Pour aborder ces processus de diffusion des savoirs, vous vous êtes intéressés au personnage de Jules Chauvet. Pourquoi ?

    "Grâce à la découverte des archives personnelles de Jules Chauvet, nous avons décidé de créer un projet sur ce personnage emblématique du domaine des vins sans soufre.

    Aux États-Unis, on parle de Jules Chauvet comme du ‘Pape des vins sans soufre’. Cependant, malgré ses publications et ses articles, personne ne connait vraiment son travail.”

    “Avec ses sources en appui, nous avons découvert qu’il a été un personnage important dans l’évolution de certaines techniques viticoles et qu’il a contribué à l’évolution du vocabulaire de la dégustation des vins à son époque (années 50).”

    “C’est quelqu’un qui était vraiment innovant, qui a fait beaucoup de travaux originaux sur l’élaboration du vin, notamment le beaujolais.” explique Régis. “Il a travaillé sur la macération carbonique qui a énormément contribué à l’élaboration du Beaujolais.”

    “Partant de cette découverte d’archives", rappelle Olivier Jacquet "je me suis tourné vers Régis Gougeon avec qui nous avions depuis un certain temps discuté de la thématique de la transmission des savoirs académiques dans le monde de la vigne et du vin. Régis a toujours été très intéressé par des approches pluridisciplinaires qui offrent un regard décalé par rapport à sa discipline qu’est la physico-chimie".

    Les deux chercheurs avaient déjà pensé bien avant le projet présenté pour l’appel du Fonds France-Berkeley à travailler ensemble sur le sujet “Chauvet”. “Cela faisait un moment avec Olivier qu’on avait envie de faire un travail en commun”, indique Régis.

    En septembre 2016, Marion Fourcade, Professeur de Sociologie à l'Université de Berkeley, informe Olivier Jacquet et Régis Gougeon qu’un appel à projet du Fonds France/Berkley est lancé.

    “Nous avons ainsi postulé en élargissant la problématique initiale sur Chauvet à une comparaison Bourgogne/Californie. Il s'agissait donc d'étudier l'influence des recherches académiques sur la construction et le développement des régions vitivinicoles de Bourgogne et de Californie”, précisent Olivier et Régis.

    “Il me semble que notre projet était le seul à porter sur la vigne et le vin” mentionne Régis Gougeon.

     Photo Berkeley site

     

    En quoi l'aspect interdisciplinaire de votre projet a été un avantage pour être retenu par le Fonds France-Berkeley ? Avec quelles autres disciplines avez-vous travaillé pour celui-ci ?

    L’interdisciplinarité offre différents regards sur un même sujet et permet donc d’aborder des problématiques sous des angles variés. Cela permet de confronter les méthodes et de porter un regard critique sur nos procédés respectifs.

    En réunissant les connaissances de chaque discipline, nous avons pu appréhender pleinement le sujet. Les résultats ont donc été beaucoup plus complets qu’une recherche mono-disciplinaire.

    “Cela dit, travailler avec des chercheurs de disciplines très variées reste un exercice périlleux car il n'est pas toujours facile de se comprendre, que ce soit par rapport au langage, aux méthodes ou aux modes d'écriture utilisés par chacun”, nous confie Olivier.

    Sociologues, juristes, historiens, géographes, œnologues (dont Maria Nikolantonaki, collègue chimiste de Régis Gougeon), physico-chimistes, bibliothécaires et aussi producteurs de vin adhèreront finalement au projet.

    Ce projet a enfin porté sur une approche comparée de la Bourgogne et de la Californie sur le sujet des découvertes scientifiques.”

    Pourriez-vous revenir sur votre expérience à travers ce projet ?

    L'expérience Berkeley fut très positive et cela, pour plusieurs raisons. Le montage du projet, en collaboration avec les collègues américains, nous a, en premier lieu fait réfléchir et avancer sur la thématique proposée. Cette candidature a, d'autre part, permis de mener à bien l'élaboration d'un dossier international plutôt compliqué à réaliser.

    Il était aussi très intéressant de confronter nos visions et savoirs disciplinaires sur un sujet commun mais aussi de comparer les deux vignobles de Californie et de Bourgogne, leur histoire, leurs spécificités en termes de production et de diffusion des savoirs vitivinicoles. Cette mise en parallèle était d'autant plus enthousiasmante que ces deux vignobles sont très différents, tant au niveau du modèle économique que des vins qu'ils produisent.

    En outre, nous avons eu l'opportunité de rencontrer nombre de chercheurs. Ainsi, en dehors du séminaire à proprement parler, les échanges informels qui se sont établis on clairement permis de donner des suites à nos recherches communes et même, générer d'autres projets d'étude, de transfert ou de valorisation. Le workshop était également l'occasion de travailler avec des chercheurs issus d'une des plus prestigieuses universités du monde.

    Les différentes communications du Workshop nous ont permis, et tel était l'objectif, de mieux cerner les processus de diffusion des savoirs académiques auprès des producteurs de vins et, en particulier d'identifier les réseaux de transmission les plus efficients. Les discussions ont ainsi mis au jour l'existence d'une grande hétérogénéité spatiale et temporelle dans ces processus et, parfois même, certaines discontinuités. Les recherches ne mènent pas forcément à des changements de pratiques et peuvent se perdre. En revanche, nous avons constaté l'existence de certaines permanences pour une diffusion efficace, via, en particulier, des institutions ou personnages "d'entre-deux", des passeurs de connaissance. Mais cette recherche débute et gageons qu’une meilleure compréhension de ces mécanismes dans le futur permettra de mieux mesurer le rôle sociétal des recherches académiques contemporaines dans le domaine de la vigne et du vin.

    Pour citer et retrouver ce projet :

    Marion Fourcade, Department of Sociology University of California, Berkeley
    Regis Gougeon et Olivier Jacquet,  Institut Universitaire de la Vigne et du Vin, Université de Bourgogne
    The Influence of Academic Research on the Development and Construction of the Winemaking Regions of California and Burgundy (20th-21st century)

    France-Berkeley Fund - Grants Awarded in 2016

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Université de Bourgogne